Fin de saison : comment entretenir son matériel de pêche à la mouche pour l’hiver ?

Pêcheur à la mouche en rivière en fin de saison

La saison de la truite se termine et, pour beaucoup d’entre nous, le matériel de pêche à la mouche va maintenant rester quelques mois au repos. C’est souvent à ce moment-là que l’on range rapidement canne, moulinet, waders et chaussures dans un coin du garage en se disant qu’on s’en occupera plus tard.

Mauvaise idée !..Très mauvaise idée !

Quelques heures consacrées à l’entretien de son matériel de pêche à la mouche en fin de saison permettent de prolonger considérablement sa durée de vie et surtout d’éviter les mauvaises surprises au moment de l’ouverture.

Nettoyer sa soie.

C’est probablement l’entretien le plus simple et pourtant l’un des plus souvent oubliés.

Au fil des sorties, une soie accumule poussières, boue, matières organiques et autres saletés. Elle glisse progressivement moins bien dans les anneaux et peut finir par perdre une partie de ses qualités.

Déroulez votre soie et nettoyez-la délicatement avec un chiffon ou mieux un Nettoyeur de soie et avec un produit spécialisé comme du O'fly clean' line.

Profitez-en pour contrôler les premiers mètres : fissures, craquelures, boucles abîmées… C’est maintenant qu’il faut s’en apercevoir, pas au bord de la rivière au mois de mars !

Si vous pêchez en DT vous pouvez inverser le sens de la soie.

Et tant que nous y sommes, retirons le bas de ligne. Qu’il s’agisse d’un bas de ligne à nœuds ou d’une queue-de-rat, il a passé une saison à subir les lancers, les accrochages, le soleil et les contraintes. Inutile de le laisser plusieurs mois sur la soie : on le retire et on repartira avec un bas de ligne neuf la saison prochaine.

Entretenir ses waders avant de les ranger

Les waders représentent souvent un investissement important et méritent donc un minimum d’attention.

Commencez par les rincer soigneusement à l’eau douce afin d’éliminer la boue, le sable et les saletés accumulées pendant la saison. Laissez-les ensuite sécher complètement, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Et si vous avez constaté de l’humidité pendant vos dernières sorties, c’est le moment de chercher d’où elle vient. Il y a généralement trois situations.

Si vous constatez de grandes zones ou plaques humides, sans point de fuite bien précis, votre wader n’est pas forcément percé. Le traitement déperlant extérieur peut simplement avoir perdu de son efficacité. L’entretien et le renouvellement de cette protection doivent être faits régulièrement : personnellement, je conseille de le faire au minimum deux fois pendant la saison et une dernière fois avant le rangement hivernal, avec un produit imperméabilisant adapté aux waders respirants.

Si, au contraire, vous trouvez un point humide très localisé, il peut s’agir d’un petit trou ou d’une micro-perforation. Dans ce cas, une réparation avec un produit adapté comme Stormsure peut souvent suffire et prolonger la vie du wader de plusieurs saisons.

Pour rechercher une fuite, une méthode simple consiste à retourner le wader et à mettre progressivement de l’eau à l'intérieur de la jambe concernée afin de repérer l'endroit où elle ressort. Attention toutefois à ne pas remplir entièrement le wader : le poids de l'eau exercerait une contrainte inutile sur les coutures. Travaillez jambe par jambe avec une quantité raisonnable d'eau.

Et troisième possibilité : votre wader a réellement fait son temps. Tissu fortement abîmé, déchirure importante, chaussons ou coutures en mauvais état… Il arrive un moment où réparer n’a plus beaucoup de sens.

Dans ce cas, venez nous voir au magasin. On regardera ensemble et, s’il est vraiment temps de le remplacer, on trouvera un wader adapté à votre taille, à votre pratique et surtout à votre budget.

Nettoyer ses chaussures de wading

Nos chaussures sont probablement l’une des pièces d’équipement que nous maltraitons le plus.

Boue, sable, petits graviers et matières végétales s’accumulent après les sorties. Brossez-les soigneusement et rincez-les à l’eau claire avant de les faire sécher complètement.

Contrôlez également les lacets, coutures, semelles et systèmes de serrage.

Au-delà de l’entretien du matériel, nettoyer et sécher soigneusement chaussures et waders permet aussi de limiter le transport involontaire d’organismes d’un cours d’eau à un autre. Une bonne habitude à prendre toute l’année.

Amanites et rivière en automne

La canne à mouche et sa poignée méritent aussi un nettoyage

Passez un chiffon humide sur les différents brins et contrôlez soigneusement les anneaux. Un anneau endommagé peut détériorer une soie très rapidement.

Nettoyez également les emmanchements et vérifiez le porte-moulinet.

Et regardez votre poignée en liège ! Après une saison complète, elle est souvent beaucoup plus sale qu’on ne l’imagine. Transpiration, poussière, terre et différentes saletés finissent par noircir progressivement le liège.

Un nettoyage doux permet de lui redonner un aspect beaucoup plus propre. Personnellement, je préfère éviter les produits trop agressifs et surtout ne pas chercher à retrouver à tout prix la couleur d’une poignée neuve : le liège vit et se patine avec les sorties.

Une fois la canne parfaitement sèche, replacez-la dans sa housse puis dans son tube. Évitez surtout de ranger une canne encore humide pendant plusieurs mois.

Et le moulinet ?

Retirez les saletés accumulées sur le moulinet et la bobine avec de l’eau douce et un chiffon. Si votre moulinet a été utilisé en mer, le rinçage à l’eau douce est encore plus important.

Vérifiez ensuite son fonctionnement, la manivelle et l’état général du frein.

Attention cependant à ne pas démonter ou lubrifier un mécanisme de frein sans connaître les recommandations du fabricant. Certains systèmes modernes demandent très peu d’entretien.

Les boîtes à mouches : faire l’inventaire avant l’hiver

Voilà probablement la partie la plus intéressante !

Ouvrez toutes vos boîtes et faites un véritable inventaire.

Retirez les mouches rouillées ou trop abîmées. Vérifiez les hameçons et débarrassez-vous des modèles qui ne sont plus vraiment utilisables. Et surtout, ne laissez jamais une mouche encore humide enfermée dans une boîte.

Ensuite, prenez simplement une feuille et un crayon.

Listez les mouches qui ont le plus travaillé cette saison et celles qui manquent dans vos boîtes. Il vous reste trois oreilles de lièvre en 14 ? Notez « oreilles de lièvre 14 ». Votre rangée de petites émergentes en CDC est presque vide ? Notez-la également. Même chose pour les perdigones, sedges, terrestres ou les modèles qui vous ont particulièrement réussi cette année.

Petit à petit, cette liste devient tout simplement votre programme de montage de mouches pour l’hiver.

C’est aussi une excellente manière d’aborder le montage : monter ce dont on a réellement besoin plutôt que d’accumuler des matériaux et des modèles qui ne sortiront jamais de la boîte.

L’hiver devient alors la saison de l’étau. Hameçons, fils de montage, billes et lestage, plumes, dubbings, fibres, résines… quelques soirées suffisent pour reconstruire progressivement les boîtes qui nous accompagneront au printemps.

Cèpes et ambiance d'automne après la saison de pêche

Quelques heures maintenant pour repartir avec du matériel prêt au printemps

Entretenir son matériel de pêche à la mouche n’a rien de compliqué.

Nettoyer ses soies, jeter les vieux bas de ligne, laver et réimperméabiliser ses waders si nécessaire, vérifier ses chaussures, nettoyer sa canne et sa poignée, contrôler son moulinet et faire l’inventaire de ses boîtes demande finalement peu de temps.

Et lorsque les premières belles journées annonceront enfin l’ouverture de la truite, il ne restera plus qu’à monter un bas de ligne neuf, remplir les dernières cases vides de la boîte et retourner au bord de l’eau.

Finalement, ranger son matériel pour l’hiver ne signifie pas vraiment ranger la pêche.

C’est déjà commencer à préparer la saison prochaine.