CDC, coq, lièvre, faisan : quels matériaux pour quelles mouches ?

Plumes de cul de canard JMC pour le montage de mouches

Par Vincent PETIT — Le Pêcheur d’Eau Douce

Devant un rayon de matériaux de montage, on peut rapidement se sentir perdu. Des plumes de toutes les couleurs, des cous de coq, des sachets de dubbing, des queues de faisan… Que faut-il choisir pour monter ses premières mouches ?

Avant de multiplier les achats, il est utile de comprendre ce que chaque matériau apporte au montage. Certains permettent de soutenir une mouche en surface, d’autres donnent du mouvement, dessinent un corps ou suggèrent les pattes d’un insecte.

Le CDC, le coq, le lièvre et le faisan permettent déjà de réaliser une grande diversité de sèches, d’émergentes et de nymphes. Voici comment les choisir et les utiliser.

Le CDC : légèreté et mobilité pour les sèches et les émergentes

Plumes de cul de canard JMC pour le montage de mouches

Le CDC signifie « cul de canard ». Ce nom désigne les plumes prélevées autour de la glande uropygienne, située à la base de la queue de l’oiseau.

Leurs fibres très fines et ramifiées donnent des montages légers et mobiles. Leur structure contribue à retenir de l’air et les rend particulièrement intéressantes pour les mouches de surface.

On utilise notamment le CDC pour former les ailes de petits éphémères, les ailes de sedges, des collerettes ou encore le corps de certaines émergentes.

Il permet de suggérer un insecte avec peu de matière. C’est un atout lorsque l’on recherche une silhouette légère et une mouche qui repose bas dans la pellicule.

Le CDC ne sert pas uniquement à faire flotter

Une petite collerette de CDC peut aussi être montée sur une nymphe. Sous l’eau, les fibres apportent de la mobilité.

Ce n’est donc pas la présence de CDC qui transforme automatiquement une mouche en sèche. Le poids de l’hameçon, le lestage, la quantité de matière et l’ensemble du montage déterminent son comportement.

Comment choisir ses plumes de CDC ?

Regardez la longueur des fibres, leur densité et leur état. Une plume adaptée à une petite aile n’est pas nécessairement celle que l’on choisira pour une collerette ou un corps enroulé.

Pour commencer, quelques teintes naturelles, grises ou brunes permettent déjà de monter de nombreux modèles. Les coloris plus clairs ou plus marqués viendront ensuite selon les insectes recherchés.

Retrouvez les plumes de cul de canard JMC ainsi que le CDC Select Devaux.

L’erreur à éviter avec le CDC

Ajouter beaucoup de plumes ne garantit pas une meilleure mouche. Un montage trop fourni peut perdre sa finesse et présenter un volume excessif.

Au bord de l’eau, pensez également à nettoyer et à sécher votre mouche après une prise. Si vous utilisez un produit flottant, choisissez une formule explicitement compatible avec le CDC et appliquez-la selon les indications du fabricant.

Le coq : des fibres pour soutenir et structurer la mouche

Cou indien Top Grade JMC pour le montage de mouches

Les plumes de coq occupent une place importante dans le montage des mouches sèches. On les utilise notamment pour réaliser des collerettes, appelées hackles, mais aussi des cerques : les fibres qui représentent les petites queues de certains insectes.

Pour une collerette de sèche, on recherche généralement des fibres assez raides et régulières. En contact avec la surface, elles participent au soutien de la mouche.

Le coq trouve ainsi sa place dans les sèches à collerette classique, les montages parachutes et les palmer, dont la plume est enroulée le long du corps.

Toutes les plumes de coq ne se valent pas pour un même montage

Un cou de coq comporte des plumes de dimensions différentes. Les fibres ne présentent pas toutes la même longueur ni la même rigidité.

Il faut choisir la plume en fonction de la taille et du style de la mouche. Une plume convenant à un gros palmer ne conviendra pas forcément à une petite sèche fine.

Pour les petites mouches, vérifiez surtout que vous disposez de fibres suffisamment courtes et régulières. La seule mention « coq » sur un sachet ne garantit pas qu’il conviendra à tous vos montages.

Le cou indien Top Grade JMC fait partie des matériaux proposés dans notre boutique. Le choix des plumes à prélever reste à adapter au modèle que vous souhaitez réaliser.

L’erreur à éviter avec le coq

Une collerette trop longue ou trop dense peut modifier fortement la silhouette et la position de la mouche.

Avant de multiplier les tours, demandez-vous quel résultat vous recherchez : une mouche bien soutenue pour une eau mouvementée, ou une imitation plus discrète sur une surface calme ?

Le lièvre : des corps et des thorax à l’aspect naturel

Assortiment de dubbing de lièvre JMC en dix coloris

Le lièvre est un matériau particulièrement polyvalent. Il sert à réaliser des corps, des thorax et, selon la préparation des poils, des collerettes.

Sa fourrure associe du sous-poil fin et des poils de garde plus longs et plus raides. Leur proportion influence le résultat : un mélange fin permet un corps relativement régulier, tandis qu’un mélange plus riche en poils de garde donne un aspect plus ébouriffé.

C’est justement cet aspect irrégulier qui fait son intérêt. Quelques fibres dépassant du corps peuvent suggérer les pattes ou le relief d’un insecte sans avoir à les représenter une par une.

Qu’est-ce qu’un dubbing ?

Le dubbing est une préparation de fibres destinée notamment à former le corps ou le thorax d’une mouche.

On peut l’appliquer en petite quantité autour du fil de montage, puis enrouler ce fil sur l’hameçon. Il existe également des techniques de boucle à dubbing pour obtenir d’autres textures et davantage de volume.

Un dubbing peut être naturel, synthétique ou mélangé. Le mot ne désigne donc pas une matière unique.

Pour quelles mouches utiliser le lièvre ?

Le lièvre convient aux nymphes de type Oreille de lièvre, aux thorax de nombreuses nymphes, aux émergentes et à certaines sèches.

Il serait dommage de le réserver uniquement aux mouches qui coulent. Sur un montage adapté, il permet aussi de réaliser des imitations de surface à la silhouette peu régulière et très intéressante.

Pour commencer, vous pouvez choisir le dubbing de lièvre JMC. Pour disposer de plusieurs teintes, il existe aussi un assortiment de dubbing de lièvre en dix coloris.

Le dubbing Angel Lièvre JMC associe quant à lui le lièvre à des fibres brillantes, pour les montages où l’on souhaite ajouter des reflets.

L’erreur à éviter avec le lièvre

On prélève souvent trop de matière au départ. Une grosse pincée donne rapidement un corps épais, difficile à contrôler.

Commencez avec très peu de dubbing. Il est plus facile d’en ajouter que de corriger une mouche déjà trop volumineuse.

Le faisan : une base pour les nymphes

Queue de faisan Teal JMC, coloris olive, pour le montage de mouches

Les fibres de queue de faisan sont notamment connues pour leur utilisation dans les nymphes Pheasant Tail. Ce nom anglais signifie tout simplement « queue de faisan ».

Elles permettent de former des cerques, des corps et des sacs alaires, la partie qui suggère l’enveloppe des futures ailes sur le dos de la nymphe.

Enroulées autour de la hampe, elles donnent un corps fin, légèrement texturé. Quelques fibres suffisent pour réaliser une petite imitation.

Pourquoi le faisan est-il intéressant pour débuter ?

Avec un même matériau, on peut réaliser plusieurs parties de la mouche. C’est pratique pour comprendre les proportions et apprendre à construire un montage sans accumuler les fournitures.

Une nymphe associant un abdomen en faisan et un thorax en lièvre permet ainsi de découvrir deux textures complémentaires.

On peut ensuite faire varier la couleur, le lestage et les proportions pour obtenir différentes versions.

La queue de faisan Teal JMC est proposée sur notre site dans plusieurs coloris. La photo présentée ici correspond au coloris olive.

L’erreur à éviter avec le faisan

Les fibres peuvent être fragiles. Il faut les manipuler sans traction excessive et éviter de les écraser inutilement avec les outils.

Un cerclage de fil métallique fin, réalisé en sens inverse de l’enroulement du corps, peut aider à maintenir les fibres et à renforcer le montage.

La longueur disponible compte également : pour un corps plus long, choisissez des fibres suffisamment longues plutôt que de devoir tirer sur une portion trop courte.

Peut-on associer ces quatre matériaux ?

Oui, et c’est même l’un des intérêts du montage : chaque matériau peut remplir un rôle différent.

Pour une émergente, on peut imaginer un corps fin en lièvre et une aile en CDC. Pour une sèche à collerette, un corps en dubbing peut être associé à une plume de coq adaptée. Pour une nymphe, un abdomen en faisan et un thorax en lièvre constituent une combinaison classique.

Une petite collerette de CDC peut encore compléter certaines nymphes pour leur donner davantage de mobilité.

Il n’est toutefois pas nécessaire de tout mettre sur la même mouche. Chaque ajout doit avoir une utilité : soutenir, dessiner une silhouette, donner du mouvement ou créer un contraste.

Quelles couleurs acheter en premier ?

Pour débuter, je privilégierais une sélection courte : du CDC naturel ou gris, du coq roux ou gris selon les modèles envisagés, du lièvre naturel et des fibres de faisan dans une teinte brune.

Ces tons permettent d’aborder beaucoup de montages destinés à la truite et à l’ombre.

L’olive, le noir, le beige ou des teintes plus vives peuvent ensuite compléter la boîte selon les insectes, les eaux fréquentées et les recettes choisies.

La couleur compte, mais elle ne doit pas faire oublier la taille, le volume et la position de la mouche dans l’eau. Une imitation de la bonne teinte, mais deux fois trop épaisse, ne présente pas la même silhouette.

Mon conseil : choisir quelques modèles avant d’acheter les matériaux

Quand on commence, la tentation est grande de remplir ses tiroirs. Je conseille plutôt de sélectionner trois ou quatre montages, puis d’acheter les matériaux nécessaires à leur réalisation.

Une petite émergente en CDC, une sèche à collerette de coq, une nymphe en lièvre et une Pheasant Tail offrent déjà de quoi travailler plusieurs gestes et comprendre des comportements différents.

Montez plusieurs exemplaires du même modèle. Vous verrez plus facilement comment la quantité de matière, la longueur des fibres ou le nombre de tours modifient le résultat.

Pour compléter votre équipement, retrouvez notre guide Débuter le montage de mouches : quel matériel est vraiment nécessaire ? ainsi que nos conseils pour comprendre les tailles des hameçons et choisir le bon modèle.

Le plus important est d’apprendre à utiliser chaque matériau avec une intention précise. Avec quelques plumes et quelques poils bien choisis, on peut déjà monter beaucoup de mouches.

Vincent PETIT
Le Pêcheur d’Eau Douce